About

FR//

Mon intérêt pour la musique remonte aussi loin que je me souvienne, et lorsque j’ai intégré l’école de musique la plus proche de mon village en Normandie, je sentais déjà cette flamme brûler. Energie qui vivait comme une certitude naïve, mais absolue. Pour résumer mon parcours à l’essentiel, j’ai suivi les cours, beaucoup pratiqué, enchainé les examens, puis j’ai déménagé dans une grande ville pour profiter d’un environnement plus stimulant, et, sans avoir terminé le cursus complet, j’ai obtenu un diplôme de percussions et de solfège avant de quitter le conservatoire de Caen.
Chaque année, la classe de percussion organisait un grand stage qui attirait des élèves de toute la région, et en plus des cours classiques, nous avions un cours d’initiation pour chaque session animé par un professeur issu d’une tradition non occidentale.

Le fait de découvrir dans un premier contact différentes façons d’appréhender le rythme, de le communiquer, d’être submergé tout en absorbant des fragments – qui restent gravés dans mon imaginaire sans jamais vraiment les maîtriser, mais en me sentant enrichi par des impulsions hybrides entre ma propre perception et ces bribes venues d’ailleurs – continue, je crois, de m’influencer aujourd’hui dans ma façon de jouer et de composer.

Après avoir obtenu mon diplôme, je me suis rendu à de nombreuses reprises à Bruxelles pour suivre des cours avec Mamady Keita, ce qui m’a finalement conduit en Guinée pour rejoindre les élèves et les professeurs qu’il avait formés à échelle internationale. J’ai rapidement cessé de suivre les cours pour m’affranchir de l’environnement occidentalisé du stage et j’ai passé beaucoup de temps à explorer Conakry avec Lamine, un ami que je m’étais fait là-bas et qui m’a fait découvrir la ville de manière totalement déstructurée, ce qui, selon moi, est la meilleure façon de saisir sa véritable nature. Nous avons vécu des moments tendus, en esquivant les check-points militaires, Lamine négociant souvent avec les gars du coin pour leur expliquer que j’étais fauché et que j’étais là pour la musique, pour que nous puissions continuer à avancer en toute sécurité. Cela m’a permis de voir la ville telle qu’elle était vraiment, de jour comme de nuit, prise entre pauvreté et violence, richesse humaine et culturelle, avec la chance de jouer avec des musiciens locaux et d’apprendre et de vivre mille fois plus que je n’aurais jamais pu le faire à travers le stage de Keita.
De retour en France, je me sentais vraiment déprimé – les tripes nouées –
Plusieurs années se sont écoulées sans que je fasse de musique.

(Re)construction

Avec un peu d’argent mis de côté, j’ai acheté du matériel, renoué avec une forme de créativité grâce à la découverte de la musique électronique qui se démocratisait de plus en plus à l’époque, tout en jouant à nouveau de la batterie dans des groupes.
Un long processus de progression, de retrouvailles, de rencontres, de tentatives et de contretemps, jusqu’à atteindre un niveau de compétence technique qui m’a permis de travailler de manière plus indépendante.
Un premier EP sur le label d’un ami, puis enfin un album, sorti sur un label canadien appelé Not Music, fièrement diffusé et envoyé physiquement à travers le monde.
Un deuxième, puis la pandémie s’est répandue, mettant à mal mes projets dans la ville où je reprenais le fil de quelque chose de frais.
De retour dans mon fief en Normandie, j’ai eu la chance de trouver une maison de ville offrant des conditions incroyables pour faire de la musique. Une excellente acoustique pour mixer, la possibilité de jouer de la batterie sans trop déranger mes supers voisins.
Et me voilà, moi, avec mes projets ancrés ici même, sur ce site, avec mon parcours, celui qui m’a mené là où je suis aujourd’hui, animé par un désir ardent de construire quelque chose de solide qui reflète vraiment qui je suis. Un être discret qui cherche à capter un peu de lumière douce.
Je serai honnête dans ma démarche au sein d’un espace dédié à la créativité – un lieu où les gens peuvent s’arrêter un moment pour découvrir ce qui m’anime, et qui, je l’espère, trouvera écho auprès de vous, passants épris de formes variables de contenu créatif.

Voyons voir !

Bastien



EN//

My interest in music dates back as far as I can remember, and when I joined the music school closest to my village in Normandy, I already felt that fire burning inside – an energy which came to me as a naive but complete certainty. Reducing my narrative to the bare essentials, I practices hard, passed exam after exam, moved to a bigger city to benefit from a more stimulating environment, and, without completing the full course, I obtained a degree in percussion and music theory before leaving the Caen conservatoire. Every year, the percussion class organised a large workshop that saw students coming from all over the region, and in addition to the classical lessons, we had an introduction course for each session led by a teacher from a non-Western tradition.
Getting a first-hand feel for different ways of experiencing rhythm, of communicating it, being overwhelmed whilst absorbing fragments that would remain permanently in my imagination—never truly mastering them, yet finding myself enriched by hybrid impulses between my own perception and these little snippets from elsewhere—still influence me today, I believe, in the way I play and compose.

After graduating, I made a lot of visits to Brussels to take lessons with Mamady Keita, which ended with a trip to Guinea to join students and teachers he had trained internationally. I soon skipped the lessons to break free from the Westernised environment of the course and spent a lot of time exploring Conakry with Lamine, a friend I made there who showed me the city in a completely unstructured way, which I believe is the best way to get a feel for its true nature. We went through tense moments, dodging military checkpoints, with Lamine often negotiating with local guys to explain that I was broke and there for the music so that we could keep moving safely. This allowed me to see the city as it really was, day and night, caught between poverty and violence, human and cultural wealth, with the chance to play with local musicians and to learn and experience a thousand times more than I ever could through Keita’s workshop.
Back in France, feeling really down – guts twisted from within –
Several years passed without me making any music.

(Re) construction

With a bit of money set aside, buy some gear, reconnect with a form of creativity through the discovery of electronic music that was increasingly getting democratized then, whilst playing drums in bands again.
A long process of progress, reunions, encounters, attempts and setbacks, until I finally reached a level of technical competence that allowed me to work more independently.
A first EP on a friend’s Label, then finaly an album, released on a Canadian label called Not Music, proudly made heard and physically sent across the world.
A second one, and the pandemic derailing my plans in the city I was starting fresh then.
Back to my fief in Normandy, had the chance to find a townhouse with amazing conditions to make music. Excellent acoustics to mix, possibility to play drums without anoying too much my awesome neighbours.
And here we are, me, with my projects rooted right on this sit, with my depainted path that lead me where I am today, with a burning desire to build something solid that truly reflects who I am. Private guy trying to catch a bit of soft light.
I will be honest in my proposition in a space dedicated to creativity – a place where people can stop by and spend a moment, getting to know what drives me, and which I hope will resonate with listeners, passersby, in love with different forms of creative content.

Let’s see what happens !

Bastien

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